Chez Jirluin

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09 novembre 2007

IL MARCHE SEUL

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Les feuilles de l'automne tapissent le sol de leurs couleurs fauves, marchant d'un pas lent sur ce tapis annonciateur du froid mordant de l'hiver, il ère sans but précis. La lumière douce de cette époque de l'année lui fait mal aux yeux, alors il baisse la tête. Où va t'il? Que pense t'il? Les passants qui le croise se posent-ils ces questions?

Lui seul sait que la rage le brûle encore, se déversant dans ses veines comme un poison. Pourquoi lui? Oui, pourquoi ces enfants lui ont jetés des pierres alors qu'il ne faisait que passer sans un seul regard agressif. Ils ne peuvent comprendre ces chenapans, que lui est rongé lentement par la solitude tel un vieil homme mourant d'un cancer. Mais il a été digne, pas de cris de haine ni de hurlement de douleur, il se contenta de continuer son chemin.

La solitude est une prison sans barreaux, mais nul évasion n'est possible, alors il marche. La nuit promit d'être glaciale, dormir dehors va encore être une lutte pour la vie, sa vie. Pourquoi aucun regard n'est affectueux, pourquoi il n'y a que mépris sur son passage? Il ne peut le dire, il ne peut parler, est-ce que quelqu'un pourra le sauver?

Brusquement son regard est attiré vers la vitrine d'un magasin, il s'approche à quelques centimètres de la vitre. Oh! une boucherie! Qu'est-ce qu'il ne donnerait pas pour un simple morceau de viande, alors son coeur s'enhardit et il entre dans ce lieu de plaisir défendu. C'est une caverne aux mille trésors, de la bonne et saine nourriture, lui qui a si faim. Mais le patron de la boutique au visage rond et gras arrive, et le chasse sans ménagement. Il est de nouveau seul.

Il marche, il marche encore et encore, il ne fait que ça, il l'a fait toute sa vie. Pourquoi donc l'a t'elle abandonné, celle qui était tout pour lui? Il y a quelques jours, un matin elle ne s'était pas réveillée. Il avait observé sa pâleur, sa froideur puis était partis. Mais aujourd'hui il s'était enfin décidé: Il irait la rejoindre dans sa dernière demeure. Enfin il avait un but, il l'avait trouvé après tout ce temps. Les nuages s'étaient dissipés, à présent le soleil éclairait son chemin.

Après des heures de marche, tandis que l'obscurité tombait peu à peu, il arriva enfin à destination, mais il fallait encore la trouver cette tombe. Après avoir erré un certain temps parmi les pierres tombales tel un fantôme, son coeur fit un bon et se serra: Il l'avait trouvé. Sa vie était donc terminé, il s'allongea sur la pierre froide et ferma les yeux, il sera de nouveau avec sa maîtresse, et pour toute l'éternité. La vie d'un chien n'est pas drôle vous savez.

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Posté par jirluin à 23:22 - COCA: Textes - Commentaires [0] - Permalien [#]

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