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27 janvier 2008

LA RELIGION DES DRUIDES

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Les Romains, conquérants de la Gaule au 1er siècle avant notre ère, s'attachent à y anéantir l'influence des druides, chefs charismatiques des populations. Est-ce un parti pris ou bien plutôt une mesure de sauvegarde contre un culte gaulois et des chefs religieux beaucoup moins inoffensifs qu'on ne le dit.

La société gauloise est dominée par les druides et les guerriers, deux groupes que leurs fonctions place au centre des pratiques condamnées par les conquérants romains. Mais il serait simpliste de voir dans les seconds des hommes semant la mort autour d'eux, alors que les premiers ne seraient que des vieillards barbus chargés de couper le gui avec des faucilles d'or. Une des missions des druides est d'apprendre le meurtre et l'usage de la force aux guerriers. Cet enseignement est fondé sur une initiation à la mort, que l'on doit pouvoir donner sans faillir mais aussi recevoir sans faiblesse. La religion des druides enseigne que chaque homme possède une âme immortelle, qui passe, lors du décès, dans le corps d'un autre homme. Il ne faut donc pas craindre l'étape qui marque la fin d'une vie, ni hésiter à la devancer lors des combats afin de susciter l'admiration de l'adversaire et de satisfaire les dieux par son propre sacrifice. Pour arriver à cette perfection dans la culture de la violence, les jeunes guerriers sont regroupés par classe d'âge et coupés du monde des adultes. Ils apprennent les techniques de la chasse ( Au cerf ou au sanglier ), ainsi que du combat à mains nues, et ils se maintiennent par des exercices corporels dans la meilleur forme physique possible.

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César, dans la guerre des Gaules, souligne la barbarie de la société, et en donne pour exemple l'existence de nombreux sacrifices humains. Plusieurs évènements donnent lieu à ces sacrifices, qui revêtent des formes diverses selon qu'ils sont accomplis en l'honneur de tel ou tel dieu. Les sacrifices destinés à honorer les dieux suivent chacun un rituel spécifique. Ainsi, lorsqu' on immole une victime à Teutatès, le dieu de la guerre et des peuples, on la noie dans un tonneau rempli d'eau. Le dieu Esus, autre dieu de la guerre très sanguinaire, est honoré par des pendaisons. Les victimes que l'on voue à Taranis, dieu du ciel et du tonnerre, sont enfermées dans un immense colosse en osier ou en foin qui, placé sur un bûché, est enflammé par un druide. Sont immolés des volontaires, des criminels ou des prisonniers de guerre, mais aussi parfois, s'il n'y a pas d'autre choix, n'importe qui. Le départ pour la guerre est une autre occasion de célébrer de tels rites. C'est le moment où intervient un personnage clé de la société gauloise, la devineresse ou prêtresse, chargée de sacrifier une victime ( Il s'agit d'abord d'un prisonnier ) avant le combat afin d'en connaître l'issue. L'officiante fait monter la victime par une échelle au sommet d'un immense chaudron, et la poignarde en faisant jaillir son sang sur les parois. Le sang, coagulant, laisse des marques sur les bords du récipient: la devineresse est chargée de les interpréter. La couleur, la consistance, la direction des traces sanglantes sont autant de signes prophétiques. Lorsque ces signes sont difficiles à lire, la prêtresse renouvelle l'opération avec une autre victime, et elle continue si le besoin s'en fait sentir. Au fond du chaudron, le sang des différentes victimes reste liquide et s'accumule. Lorsqu'il y en a assez, la femme s'empare d'une louche et asperge la foule des guerriers présents, fanatisés par la cérémonie et prêts à mourir au combat.

Grâce aux découvertes réalisées dans les années 1960 à Gournay-sur-Aronde ( Oise ), on peut décrire le calendrier des sacrifices dans une peuplade belge, les Bellovaques, chez qui ces manifestations sont liées aux saisons et aux grandes fêtes. A Saintes, encore à 150 de notre ère, un sacrifice est accompli: 17 personnes y trouvent la mort. Parmi elles, il y a trois enfants. Les adultes ont été tués par décapitation. César n'a donc pas menti. On sacrifie des personnes pour les punir mais également pour satisfaire les exigences du panthéon gaulois auquel il faut prouver sa force et dont on doit exalter le désir homicide. Les empereurs, dès le début de la présence romaine en Gaule, proclament la suppression des druides et interdisent les sacrifices humains. Cependant, cette pratique ne disparaît totalement qu'au IV ème siècle de notre ère.

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Posté par jirluin à 21:22 - PASTIS: Les grandes énigmes de l'histoire - Commentaires [4] - Permalien [#]

Commentaires

    Quand on sait que les romains n'ont abandonné les sacrifices humains que peu de temps auparavant...

    Posté par princessetorchon, 28 janvier 2008 à 21:30
  • rep

    @princesstorchon: Tout à fait, mais ils l'ont fait et c'était une très bonne chose.

    Posté par jirluin, 28 janvier 2008 à 23:15
  • Oui, c'était un peu l"infirmerie qui se foutait de l'hôpital"....

    Posté par Le Père Aimé, 29 janvier 2008 à 20:12
  • oui alors je me dois tout de même de mettre un tout petit b-mol à tout ça!! c'est vrai qu'il y avait des sacrifices, sanglant, c'est écrit dans beaucoup de textes... qui sont des copies faites au moyen age de texte de l'epoque romaine c'est une sorte de téléphone arabe! en fait il n'a jamais été prouvé que les sacrifices étaient tous humains!
    et puis je voulais dire ausssi que les druides ne servaient pas qu'aux sacrifices. ils étaient les executifs de la religion et du culte. il n'y avait pas que la guerre dans la vie des celtes!!! mais c'est vrai qu'ils étaient tres tourné sur le combat. les guerriers avaient pour honneur supreme de mourir au combat c'est vrai! en tout cas ton post est tres sympa!! si les druides t'interesse je te recommande le livre de Jean-Louis Brunaux qui s'appelle "Les Druides"!!

    Posté par Cleo, 04 février 2008 à 11:09

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