Chez Jirluin

Au bistro, 'Chez Jirluin', on parle de tout: de musique, de cinéma, des brèves de comptoir, etc... Entrez vite!!!!

20 mars 2008

UN ETRANGE VOYAGEUR

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Ça a débuté comme ça, par un de ces dimanche après-midi triste et pluvieux. Fergus a beaucoup de difficultés à diriger sa petite charrette sur ce chemin boueux et mal entretenu. Son cheval doit déployer des efforts supplémentaires pour amener son maître à bon port; ce fidèle compagnon aura bien mériter sa double ration d'avoine. En attendant, il faut continuer de lutter car l'endroit n'est pas très accueillant et d'après certains, une bande de brigands se serait installée dans les environs. La peur et l'inquiétude commencent à s'infiltrer à l'intérieur de Fergus. Il sait qu'en tant que marchand ambulant il prend de gros risques à parcourir ainsi la lande désertique, mais c'est la voie la plus rapide pour arriver au petit village de Priat. Là, il sait que la vente sera fructueuse, car cette jolie bourgade demeure une des plus riche de la région, notamment grâce à sa position stratégique qui en fait un lieu de halte pour tous les voyageurs. Et puis il y a la fameuse auberge du merle siffleur dont la bonne réputation a passé les frontières du comté. A cette pensée le marchand retrouve le sourire, et surtout, la perspective d'un bon lit pour la nuit réussi à lui redonner un peu de force et de courage. Ah, s'il n'y avait pas cette satanée pluie le voyage serait tout autre..... L'eau glacée a de quoi refroidir les ardeurs c'est un fait.

Mais soudain, Fergus reçoit un coup au coeur. Tout là-bas à l'horizon se dessine une silhouette sombre et menaçante, et, comme un avertissement, le vent commence a souffler de plus en plus fort. La peur s'est de nouveau installée dans l'esprit du marchand, car pour lui, il ne peut s'agir que d'un des membres de la troupe de bandits qui lui a été signalée. Mais non, ça ne peut être cela! Si il s'agissait d'un guetteur il se montrerait plus discret. Ça ne peut être qu'un voyageur fatigué ou un pèlerin qui ne recherche qu'un peu de compagnie, se rassure Fergus. De toute façon il va savoir la vérité dans quelques instants car la silhouette de cet inconnu n'est plus qu'à une dizaine de mètres maintenant. De taille moyenne, elle est enveloppé d'un grand manteau noir qui lui couvre tout le corps. Sur sa tête se trouve un grand chapeau noir aux bords démesurés et une écharpe pourpre lui masque presque tout le visage. « Bien le bonjour à vous voyageur isolé, il ne fait pas bon de parcourir seul les routes à notre époque » lance t'il vaillamment à l'homme mystérieux. Celui-ci tourne lentement sa tête en direction du marchand et lui adresse un amical signe de la main. Totalement rassuré, Fergus l'invite à prendre place à ses côtés car un peu de compagnie ne serait pas de refus. Puis, quand le commerçant demande quel est la destination de l'inconnu, celui-ci répond dans une voix grave et monocorde: « Priat ». Malgré l'air antipathique de l'homme, le marchand est tout de même soulagé de pouvoir terminer le trajet à deux, car cela pourrait décourager d'éventuels brigands. Mais jusqu'à l'arrivée en vue des habitations de Priat, le voyageur mystérieux resta silencieux, ne prononça pas un seul mot. Fergus n'arriva même pas à entrevoir ses yeux, ce qui lui laissa un sentiment de malaise. Enfin, la charrette s'arrête devant la porte d'entrée principale du petit village et le marchand se tourne vers l'inconnu: « Messire, vous n'avez pas dit un seul mot pendant tout le trajet, mais pourrais-je au moins connaître votre nom? ». Sur ce, l'homme baisse son écharpe et l'horreur apparu au grand jour. Une bouche déformée, hideuse, en putréfaction laisse échapper ces quelques mots: « Petit Fergus, je me nomme la Peste et aujourd'hui je suis venu pour te prendre! ».....

Quelques jours plus tard, le village de Priat perdait les deux-tiers de ses habitants, foudroyés par la tristement célèbre peste noire.

Posté par jirluin à 17:45 - COCA: Textes - Commentaires [5] - Permalien [#]

Commentaires

    Génial

    Imagine si cette histoire pouvait être traité au cinéma...

    Posté par Andy, 21 mars 2008 à 03:00
  • la grande faucheuse

    C'était l'Ankou en panne de charette et faisant du stop.

    Posté par choule[bunker], 21 mars 2008 à 15:37
  • REP

    @Andy: Merci!!! Bon, ben je vais aller chercher un réalisateur alors lol

    @choule[bunker]: Il a pas de chance l'Ankou, il y a une roue de sa charette qui a crevé alors il fait du stop. Mais où va t'on? il y a plus de respect.

    Posté par jirluin, 21 mars 2008 à 21:30
  • ton histoire fait froid dans le dos grrrrrrrrr

    Posté par elfarranne, 25 mars 2008 à 09:32
  • REP

    @Elfarranne: Merci, c'est l'effet que je recherchais.

    Posté par jirluin, 25 mars 2008 à 17:18

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