30 mai 2008
DANS LES BISTROS
De retour après des problèmes de connexions internet de quelques jours. Voici un texte que j'ai fait:
J'ouvre la porte de ce bistro se trouvant au fin fond d'une rue sombre et malodorante et qui me fait penser à ces lieux urbain mystérieux qui peuvent cacher des trésors insoupçonnés. Je pénètre donc dans ce royaume éthylique et prends place un peu à l'écart; vous savez, la table légèrement en retrait, celle des amoureux et de ceux qui veulent observer tranquillement les moeurs des autres clients. Le siège est encore chaud, c'est rassurant. Quand on s'installe sur une chaise froide et solitaire cela donne un sentiment de malaise, tandis que là, notre postérieur se sent tout de suite en sécurité, comme enveloppé d'une chaleur maternelle. Je me sens bien, c'est presque comme à la maison mais avec le bruit des conversations en plus. Des discutions sans grands intérêts d'ailleurs, dans tous les bars ce sont les mêmes qui reviennent inlassablement: la hausse des prix, Dédé qui a un peu trop picolé, la météo qui n'est jamais comme on voudrait qu'elle soit, etc......
Sur la table, je remarque la trace ronde et humide laissée par un verre qui a sûrement été débarrassé juste avant mon arrivé: dans ce troquet on ne passe pas souvent l'éponge; Elle est réservée pour les clients habituels dont on sait que leur misère sociale les clouera toutes la journée devant le comptoir. Comment en sont-ils arrivés jusque là? Quel drame les a brutalement changé en pilier de bar? Des questions interrompue par l'arrivée de la cette chère serveuse qui a un instinct si maternel avec les quelques poivrots venu noyer leurs malheurs dans les bras de ce bon vieux Bac chus. Un café.... je prends toujours un café le matin. C'est pas cher et ça ne brouille pas l'esprit. Et le tintement de la cuillère sur la tasse est l'un de mes sons favoris, il me rappelle tout de suite l'endroit où je me trouve: dans un bistro, lieu où se raconte des tragédies humaines comme on en fait plus. Alors j'observe. Certains habitués ont la gueule aussi sèche et dure que le vin blanc qu'ils ingurgitent comme si il n'y avait pas d'autre choix, que c'était devenu leur destiné. Montre moi ce que tu bois et je te dirais qui tu es ! On ressemble au liquide qui se trouve dans notre verre: une grand-mère avec un verre de grenadine délicieusement tendre et sucré; Ici, une autre mais plus vulgaire avec un kir royal dans ses mains aux bagues énormes et dorées; Une table de jeunes hommes remplie de monacos, parce que l'amertume de la bière et de la vie ils ne la connaissent pas encore; Et ce commercial avec son whisky et son costume de mauvaise qualité qui essai de se faire passer pour le PDG d'une grande entreprise. Et moi et ce café que je déguste lentement: mon âme est-elle noire? Mais l'heure passe et dans quelques instants ce sont les lycéens qui vont affluer par dizaines et eux ne sont pas très intéressants seulement préoccupés par leurs cours et la soirée prévue le samedi soir. Alors je me lève, je pose ma monnaie sur la table et je sors...... Promis, demain je reviendrais.
27 mai 2008
NOUVEAUTE, DEGOUTE
Depuis l'avènement de la société de consommation, les marques se livrent un duel sans pitié sur l'innovation et la nouveauté pour attirer les pauvres brebis égarées que nous sommes. En fait de nouveauté, il s'agit surtout d'ajouts sur des matières déjà existants d'où, je pense que vous l'aurez tous remarqué lorsque vous faites vos achats, la multitude d'offres pour un et même produit.
Prenons un exemple marquant de la petite guerre des marques comme la lutte entre « Gilette » et « Wilkinson », deux piliers sur le marché des rasoirs, nous assistons à une surenchère drolissîme pour savoir lequel remportera le plus grand succès grâce à une sois-disante innovation technique. Les publicités dont nous gave la télévision est un exemple criant sur la superficialité de notre mode de vie, qui peut être vu à travers les deux marques citées au-dessus: dès que l'un des deux sort un rasoir avec une avancée ( le mot fait rire n'est-ce pas ? ) technique tout de suite l'ennemi réplique avec une espèce de surenchère qui ne s'arrête jamais puisque elle continue toujours au moment où vous lisez ces lignes.
Au départ deux lames..... ensuite contre-attaque de l'adversaire: trois lames, qui évidement vous raserons bien mieux que deux: logique, il y a en a une de plus !!!! Mais attention! Il faut préparer une offensive immédiate: quatre lames et ....... une tête pivotante et flexible, le camp adverse ne pourra pas lutter. Mais les guerres sont faites d'innovations alors c'est le moment de sortir la botte secrète: le rasoir avec micro-pulsations ( En fait, ça vibre mais ça fait tellement plus technique des termes à la con )....... Bref, on baigne en plein délire dans ce grand cirque commercial fait pour faire succomber à la tentation les enfants de la consommation que nous sommes.
Et que dire du produit dont la gamme est l'une des plus importante: les yaourts. Et que je te mets cet ingrédient bon pour la ligne, cette formule cent pour cent anti-cholestérol, cet arôme dans le style des gâteaux aux limaces, etc....... C'est le pur délire lacté !!!!! On ne s'y retrouve plus....... par contre les prix, si. Et ce qui n'était au départ que le fait de quelques produits de la vie courante se généralise maintenant aux autres secteurs de la consommation. L'offre est maintenant plus grande que la demande. Viens petit mouton, consomme c'est un ordre !!!!! Achète ce gel douche ultra-fraîcheur à l'essence de cactus et tu ne t'assiéras plus sur ton porte-feuille. La sortie de cette voiture est plus importante que cette décision politique, nous sommes dans la mystique du commerce belle nymphe du CAC 40.
Ces petits faits peuvent sembler très anodin, mais nous sommes peut-être tout simplement en train de vivre le déclin de l'empire occident devenu trop décadent et superficiel oubliant que le reste du monde veut aussi sa part du gâteau. L'empire Romain est mort, vive les cancrelats !!!!!
FRANK ZAPPA "MONTANA" LIVE 1973
Un petit clin d'oeil à Andy....
22 mai 2008
JIMMIE'S BAR
Ca faisait longtemps, voici ma dernière composition:
( Cliquez sur le lien )
20 mai 2008
TIME
Il ne sert à rien de se voiler la face, on ne peut lui échapper, fuir ou le combattre. Il est notre destin, celui qui sera notre fin à tous. Le temps creuse les rivières, arrondit les montagnes, dessèche les plantes et marque nos visages fragiles. Il détruit toute innocence, toute sensation, tous nos souvenirs, nos joies et nos peines. Le temps est le moteur de nos coeurs et rien ne peut gripper cette mécanique qui suscite tant de questions....
Aujourd'hui est déjà demain et demain est déjà aujourd'hui. Pas de retour arrière messieurs-dames, la fuite est toujours en avant, c'est inéluctables. Un matin on contemple notre jeunesse dans le miroir et la soirée nous apporte la triste réalité de notre état flétri. Après, on s'endort hors des limites du temps pour toujours. Écartes les draps et vas courir libre dans le vent frais des hauteurs.....
CROISIERE POUR UN CADAVRE
Année de sortie: 1991.
Editeur: Delphine software.
Plateforme: Amiga 500, PC.
Genre: Policier/Aventure.
Lors de sa sortie en 1991 ce jeu fut une révolution graphique, notamment grâce à l'utilisation de la perspective dans l'évolution du personnage principal et des décors vraiment très soigné pour l'époque. L'intrigue est digne du "crime de l'Orient Express" mais dont l'action se déroulerait en mer, sur un navire de croisière ( d'où le titre du jeu vous l'aurez compris..... ). Le joueur incarne l'inspecteur Dusentier qui est invité par le richissime armateur grec Karaboudjan ( au passage petit hommage à l'univers d'Hergé ) pour une croisière à bord de son magnifique voilier. L'armateur est rapidement assassiné peu de temps après le départ. L'assassin est à bord, et c'est à vous de le démasquer....
19 mai 2008
CLASH GAINSBOURG/BEART
Un grand moment culte de télévision: le clash entre Serge Gainsbourg et Guy Béart au sujet des Arts majeurs et mineurs. Sur le fond, Serge Gainsbourg a parfaitement raison et le voir claquer le beignet à Béart est un vrai plaisir ( Par contre, citer le piano-bar comme étant une vrai initiation c'est aller un peu vite... ).
17 mai 2008
FRANK ZAPPA/THE MOTHERS OF INVENTION: "ONE SIZE FITS ALL"
Date de sortie: juin 1975.
Production: Frank Zappa.
Ingénieurs du son: Kerry Mc Nab, Gary O, Jukka.
Studios: The Record Plant L.A., Caribou, Paramount, KCET TV, Finnlevy Studiot ( Helsinki ), Wally Heider Remote Truck.
Musiciens:
Frank Zappa: Guitares, chant principal sur Po-Jama People, Evelyn et Sofa N°2.
Georges Duke: Claviers, chant principal sur Inca Roads, Andy et Sofa N°2.
Napoleon Murphy Brock: Flute et saxophone ténor, chant principal sur Florentine Pogen et Andy.
Chester Thompson: Batterie.
Tom Fowler: Basse.
Ruth Underwood: Vibraphone, marimba et autres percussions.
James "Bird Legs" Youman: Basse sur Can't Afford No Shoes.
Johnny "Guitar" Watson: Chant sur San' Ber dino et Andy.
Captain Beefheart ( crédité Bloodshot Rollin' Red ): Harmonica.
Cet album fut sans doute l'apogée de l'une des périodes les plus créative de Frank Zappa ( et vu le travail du bonhomme, c'est pas peu dire ), celui de la première moitié des années 70. "The Grand Wazoo", "Over-nite Sensation", "Apostrophe", etc.... que des chefs d'oeuvres même si on est loin des explorations sonores de la fin des sixties. Mais le travail du maître est impressionnant de qualité. Le nouveau line-up des Mothers Of Invention ( qui furent dissout une première fois en 1968 ) est de haut niveau avec des musiciens exceptionnels dont Georges Duke, Chester Thompson, Ruth Underwood, Jean-Luc Ponthy, etc.....
Donc, en juin 1975 sort "One Size Fits All" ( ce qui veut signifie "taille unique" ), ce disque, comme la plupart de Zappa, est un habile collage entre prestations scéniques ( dont celle du fameux show sur KCET TV ) et enregistrements studios. Le son et de très bonne facture et ne fait absolument pas son âge. La magnifique pochette est signée Cal Schenkel qui est pratiquement le seul qui arrive à retranscrire l'univers de Frank Zappa ( il est à l'origine des meilleurs pochettes du musicien ).
Bref, cet album est une parfaite introduction à la musique de Frank Zappa et est à ranger du côté des classiques du maître comme "Freak Out", "Uncle Meat", "Joe's Garage", etc......
LA MUSIQUE:
1. Inca Roads: Le disque s'ouvre sur ce titre monumental, musicalement impressionnant, avec un solo de guitare magnifique. C'est l'une de mes compositions préférées de Zappa. Le solo de guitare provient d'ailleurs d'un concert qui date de 1974 à Helsinki ( Que l'on peut retrouver en version complète sur l'album "You Can't Do That On Stage Anymore Volume 2" ) et le reste du morceau a été enregistré pour l'émission de télé sur KCET TV. Ce titre est grand moment dans l'histoire des Mothers Of Invention.
2. Can't Afford No Shoes: Le texte est une satire qui parle de la hausse des prix aux États-Unis, le tout sur une musique très blues-rock mais toujours avec l'inimitable touche zappesque.
3. Sofa N°1: Il s'agit d'un superbe instrumental qui peut faire immédiatement penser à l'album "The Grand Wazoo". Le travail harmonique est splendide.
4. Po-Jama People: La musique est encore très proche du boogie-blues, la guitare est démoniaque et les paroles traitent des gens qui se laissent vivre sans se soucier le moins du monde de ce qui peut se passer autour d'eux.
5. Florentine Pogen: Encore un excellent titre de Zappa !!! La prestation provient du KCET TV.... ( voir vidéo ).
6. Evelyn, A Modified Dog: Un titre très très court mais excellent. Le raisonnement du texte est une analogie entre le chien ( Dog ) et Dieu ( God ), montrant que le chien est soumis à son maître mais que se dernier est lui-même soumis à l'animal.
7. San' Ber dino: Un bon titre avec le chant de Johnny "Guitar" Watson. Le texte parle de l'affaire dans laquelle Zappa avait été confondu après avoir été piégé par un agent du FBI. Celui-ci se fit passer pour un producteur de film porno qui recherchait une bande sonore pour l'un de ses métrages. Frank Zappa qui avait alors besoin d'argent ( ce fait se passa au début des années soixante ) réalisa la musique et fut arrêté pour pornographie. La bande son fut si drôle que lors du procès le juge éclata de rire en l'entendant, ce qui n'empêcha pas Frank d'être condamné à deux mois de prison.
8. Andy: Un superbe morceau traitant de l'homosexualité d'un homme en flattant ses courbes...
9. Sofa N°2: La musique est la même que sur le troisième titre du disque mais des paroles ont été rajoutées pour clore le concept de l'album.
Voici la vidéo de "Florentine Pogen" prise lors du KCET TV de 1974:
15 mai 2008
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La musique souvent me prend comme une mer ! Vers ma pâle étoile, Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther, Je mets à la voile; . La poitrine en avant et les poumons gonflés Comme de la toile, J'escale le dos des flots amoncelés Que la nuit me voile; . Je sens vibrer en moi toutes les passions D'un vaisseau qui souffre; Le bon vent, la tempête et ses convulsions . Sur l'immense gouffre Me bercent. D'autres fois, calme plat, grand miroir De mon désespoir ! C. BAUDELAIRE
13 mai 2008
C'EST BEAU UNE VILLE LA NUIT
J'aime me promener dans les rues désertées lorsque tombe l'obscurité. Quand les voyageurs nocturnes sortent de leurs tanières pour se rendre dans un de ces endroits où l'on vient s'oublier, le tout dans une atmosphère suintant la mélancolie, je me sens revivre comme poussé par une force mystique: le nirvana du noctambule. C'est beau une ville la nuit: les réverbères qui donnent l'impression de porter une boule de cristal, les musiques étouffées sortant des entrailles d'une boite de jazz, le bruit désagréable d'une voiture passant au loin, ... C'est un moment d'intimité entre la ville et nous, loin de la fureur de la journée avec son stress et ses coups de klaxons désagréables. Une ville quand il fait nuit, qu'est-ce que c'est beau......





